REFLEXIONS & DEBATS

// Réflexions autour de la SIP

La SIP (Société genevoise d’Instruments de Physique) quitte ses murs en ville vers 1990.
En attendant la réalisation d'un projet immobilier, les espaces libérés sont mis à disposition avec des baux temporaires. Des artistes et des artisans viennent s’installer et aménagent des ateliers.
Ils contribuent ainsi à la conservation des bâtiments.

Depuis le début des années ’90 la Ville de Genève est propriétaire des bâtiments C et D.
Sous l’appellation BAC (Bâtiment d’Art Contemporain) elle y abrite les activités du Centre d’Art Contemporain (CAC) et du Musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMCO).

Depuis l’an 2000 le reste du site appartient à la Caisse de Prévoyance du Personnel enseignant de l’Instruction Publique et des Fonctionnaires de l’Administration du Canton de Genève (CIA).

Le GUS (Groupement des Usagers de l’ancienne SIP – Plainpalais) a été crée en mars 2002.
Il rassemble la plupart des acteurs travaillant dans les bâtiments G/H/J.

Son but est de «favoriser et maintenir des ateliers et des espaces artistiques et artisanaux, multidisciplinaires, à des coûts modérés».

Nos contacts avec la CIA sont devenus réguliers depuis lors et doivent nous permettre, à terme, de négocier notre avenir sur le site.

La CIA nous a laissé entrevoir la possibilité de rester dans ces bâtiments à condition, toutefois, de pouvoir assumer le prix des futures rénovations.

La définition d’un programme de travaux pour les bâtiments G/H/J est fondamental pour pouvoir répondre à cette condition. C’est l’objet de nos démarches*. Dans nos discussions, la CIA a accepté la présence d’un architecte «modérateur», spécialiste en «rénovations douces». Cette ouverture nous permet d’espérer un accord définissant les priorités de ce programme.

L’équation de base est donc la suivante :
- Est-il possible de définir un programme de travaux essentiels à la conservation des bâtiments G/H/J dont le coût réparti sur les loyers soit encore supportable par les locataires actuels ?

* En Octobre 2003, la CIA nous a lancé un défi consistant à élaborer un projet culturel «réaliste» pour l’avenir.
Nous avons mené une enquête interne sur la situation et les besoins de chacun. Nous avons organisé un débat public sur «l’avenir des friches industrielles urbaines» et présenté en mars 2004 les «Réflexions pour un Projet GUS à la SIP». Ces documents sont affichés au rez du bâtiment G/H pendant les «portes ouvertes».

Situation actuelle

La prochaine étape de rénovation concernera les bâtiments G/H que nous louons actuellement. Dans la foulée, la CIA a résilié les baux des tous les locataires du bâtiment B et étudie le projet d’un grand café-restaurant au rez du bâtiment J.

Le cas de la SIP peut-il échapper à la logique inexorable du processus qui a accompagné l’évolution des friches industrielles urbaines, de manière générale, depuis les années ’50?

La pression augmente autour de nos surfaces de travail

Nous pensons que les synergies que nous trouvons ici sont particulièrement intéressantes. Elles expriment le dynamisme des différentes pratiques et recherches artistiques réunies dans ces lieux (arts appliqués, arts plastiques, théâtre, musique, etc...)

Les membres du GUS forment un ensemble avec les autres acteurs de l’art contemporain dans le quartier, (Centre d’Art Contemporain, MAMCO et galeries du quartier et de la rue des Bains).

Considérant la grave pénurie actuelle d’ateliers, il nous semble indispensable de conserver à ces locaux leur affectation actuelle.

Nous tenons à rappeler que des milliers de m2 de bureaux et locaux commerciaux sont déjà disponibles en Ville de Genève.

Ramenons le débat à des questions de principe

- Les engagements des administrations publiques au sujet de réflexions du type «Agenda 21» soulèvent des questions intéressantes à propos des notions de développements durables. Elles impliquent une consommation «raisonnable, équitable et éthique», une cohésion sociale et une diversité culturelle. L’action de notre association s’inscrit dans cette perspective.

- Nous sommes conscients que la reconnaissance d’un «pôle culturel» intégrant ces différents facteurs génère un coût, mais parallèlement, il induit en termes d’image des bénéfices autres que les seuls aspects économiques.
L’ objectif de la CIA est d’obtenir une moyenne de rentabilité nette de son parc immobilier. Cela suppose que cette rentabilité est composite. Il peut donc s’appliquer à un objet «atypique» tel que la SIP, composé de différents corps de bâtiments, pouvant produire des rentabilités diversifiées.
Les exigences de rentabilité de la CIA ne permettraient-elles pas d’intégrer dans leurs objectifs ces notions d’équilibre ?

- Nous constituons un collectif d’interlocuteurs présents sur la scène culturelle genevoise et au-delà. Nous bénéficions de la reconnaissance d’un grand nombre d’acteurs institutionnels locaux et d’une large sympathie dans le public, démontrée par le succès de nos «portes ouvertes».

- Nous sommes également en contact avec le DAEL et le DAC depuis 2003 et plus récemment avec le DIP qui, à travers le mouvement 804, s’intéresse à notre démarche.

- Quel avenir pour les friches industrielles urbaines ?
- Quel rôle jouent encore les artistes-artisans dans la Cité ?
- Comment garder un centre ville vivant en préservant des lieux de travail et de création ?
- Quelle alternative reste-t-il pour un/e artiste qui perd son lieu de travail ?


// Débat public Dimanche 30 novembre 2003 11-13h
// Théâtre de la Grenade - bât. J - 1er étage

« lieux de création / friches industrielle urbaines »

La reconversion du tissu urbain ; ses paramètres sociaux, culturels et économiques: une évolution permanente.
Redéfinir les règles du jeu. Prémices d’une métamorphose.
A Genève, l’évolution des quartiers de Plainpalais et de la Jonction. Un passé industriel, des quartiers ouvriers qui s’effacent progressivement au profit d’une identité nouvelle, composite, diversifiée. De la réhabilitation à la reconversion des friches. Regards croisés sur quelques traces de ce patrimoine en mutation.
Quelles perspectives, quels projets, pour qui, par qui, avec quelles mémoires ?

Rapport de la réunion/débat sur l’avenir de la SIP.

PDu Pierre Dubey, comédien, Président du GUS
LdP Laurent de Pury, sculpteur, Vice-Président du GUS
TT Tom Tirabosco, dessinateur, membre du Comité GUS
RV Roberto Vignola, architecte, membre du Comité GUS
LB Lukas Berchtold, arts du feu, membre du GUS
CW Christian Wurth, architecte, (Bât A’)
BZ Bernard Zumthor, DAEL - Directeur du Serv. des Monuments et Sites
SNP Sabine Nemec-Piguet, DAEL - Serv. des Monuments et Sites
NK Nadia Keckeis, déléguée par le Serv. Culturel du DIP
LM Luc Mariot, journaliste, modérateur du débat

Environ 25 personnes sont présentes:

PDu introduit le sujet et présente LM, journaliste TSR, qui a aimablement accepté de fonctionner comme modérateur pour l’occasion. Il passe la parole à LdP pour un rapide exposé des raisons qui nous ont amenés à organiser cette rencontre.

LdP situe l’origine de cette démarche suite à une séance (sept. 2003) avec la CIA (Caisse de pension des fonctionnaires de l’Etat de Genève) propriétaire des lieux, au cours de laquelle nous avions été informés du redémarrage du projet BAC +3 qui aurait pour conséquence la récupération éventuelle de certaines surfaces que nous occupons, notamment dans le Bât J. Cette perspective nous a convaincus de la nécessité de programmer une rencontre/débat avec les différents partenaires du projet (CIA, DAEL, DAC, DIP, CAC, MAMCO) afin d’augmenter la lisibilité des positions de chacun et de définir les convergences possibles au regard des intérêts des différentes parties présentes. Notre but, en tant qu’association, restant de sauvegarder des espaces propices aux activités culturelles, artistiques et artisanales que nous développons et ce à des prix modérés.

LM passe la parole à RV pour un tour d’horizon à propos de l’historique des friches industrielles urbaines.

Le « Mouvement Moderne » à travers les C.I.A.M. (Congres International de l’Architecture Moderne) définit entre les deux guerres les principes de l’urbanisme de l’ère industrielle. En 1932, La Charte d’Athènes prévoit quatre fonctions selon lesquelles les villes devraient s’organiser et se développer : habiter, travailler, se recréer et circuler.

Le développement des villes et l’évolution des modes de vie des citoyens, ont vu apparaître des surfaces et des typologies qui se prêtaient à des utilisations nouvelles. A partir des années ’50, d’un côté, des artistes, artisans et autres créateurs qui sacrifient leur confort afin d’obtenir à moindres prix de grands espaces adaptés a leurs modes ou besoins de travail et de création, et d’un autre côté une certaine communauté d’avant-garde prête à établir des espaces domestiques dans des bâtiments construits pour une utilisation industrielle, font apparaître un nouveau phénomène: travailler et vivre dans des «lofts».

De New York à Johannesburg, de Buenos Aires à Helsinki, on peut voir des exemples qui constituent une partie de la régénération du passé industriel des villes. La transformation d’anciens bâtiments est d’ailleurs devenue le lot commun des architectes partout dans le monde. Logique d’un point de vue environnemental, cette méthode est souvent plus simple et plus économique que de tout refaire à neuf. Les projets de réhabilitation ont donné naissance à des réalisations intelligentes et novatrices.

Genève, et tout particulièrement les quartiers de Plainpalais et de la Jonction, n’ont pas échappé à ce phénomène.

L’ancienne SIP qui aujourd’hui nous occupe, le BAC, les halles de l’Ile, le Grutli, le site SIG devenu Artamis, le BFM., l’Usine, Kugler à la Jonction, l’ancien Palais des Expositions, Mavala, Patek Philippe, sont autant d’exemples qui s’entrecroisent avec les notions de reconversion, transformation, restructuration, réhabilitation, réutilisation, démolition, reconstruction, disparition, re-affectation, adaptation, … .

LM passe la parole à Mme SNP concernant les origines de la démarche du Service des Monuments et Sites au sujet du pourquoi de la commande d’une étude historique sur le site de la SIP Plainpalais.

Mme SNP explique qu’elle a été faite dans le contexte du rachat du site par la CIA (émanation de l’Etat). Le site n’offre pas un intérêt architectural exceptionnel, mais par contre chacun lui reconnaît une indéniable valeur patrimoniale et historique liée au passé de l’architecture industrielle de Genève. Elle fait référence à l’étude de M. B. Frommel, historien et de M. Arikök, architecte-urbaniste.

CW ainsi que tous les présents se plaisent à reconnaître l’excellent travail de ce rapport. Ce travail marque clairement l’intérêt de l’Etat pour le maintien des bâtiments de l’ancienne SIP, qui sont un témoin irremplaçable de l’histoire industrielle de la Genève des XIX et XX -ème siècles.
LM invite CW à brosser un tableau de l’évolution du site à partir de la fin des années ‘80 et des différents projets qui s’y sont succédés.

CW décrit succinctement les projets des années 1990 qui prévoyaient la démolition et reconstruction des bâtiments (tabula rasa) et qui ne sont plus d’actualité aujourd’hui. La CIA, propriétaire depuis 2000 a d’ores et déjà opté pour le maintien et la rénovation des lieux.

LM ouvre la question sur les intérêts financiers qui planent sur ces terrains au centre ville, le départ à terme des catégories sociales qui occupent les lieux n’est-il pas inéluctable ? Ne sont-ils pas condamnés à des occupations/locations transitoires ? sorte de règle tacite qui entérinerait leur départ une fois les projets de rénovation/ re-affectation définis ?

RV fait référence à des options telles que la « rénovation douce » où l’on peut parler d’un certain respect et d’une sauvegarde des intérêts communautaires et des tissus socio-économiques. C’est le cas, à Genève, de l’Ilot 13.

PDu revient sur la question du confort « limité » des espaces offerts par les friches industrielles qui satisfont à moindre prix aux besoins de catégories larges de créateurs. Il déclare ne pas accepter le fatalisme réducteur et sous-jacent qui consisterait à dire que l’inconfort serait une condition de la création et/ou de sa qualité. Trop de confort y nuirait probablement, mais il ne faut pas caricaturer. Il ajoute « Je loue une surface depuis 12 ans et vous assure que l’absence de chauffage n’apporte rien à la création ».

Concernant la question du manque de logements et d’une éventuelle construction sur ces terrains, CW précise que la mise en œuvre de quelques dizaines de logements (lofts) à la SIP ne résoudrait pas la crise du logement à Genève. Ce sont des milliers de logements qui manquent. Si on reconvertit massivement les bâtiments de la SIP en logements, non seulement on ne résout pas la crise, mais on tend à faire disparaître tout ce qui fait la particularité et la diversité des ces espaces historiques.

Par ailleurs, à la crise du logement ne correspond pas une pénurie de surfaces de bureaux. En effet, ce marché est actuellement détendu à Genève, même au centre-ville. Un grand nombre de m2 ont été construits dans les années ’80 et même au début des années ’90. Les appétits pour ces surfaces de bureaux sont donc limités. La CIA dans sa proposition de rénovation des bâtiments E et F répond à un besoin d’espaces spécifiques liés à des sociétés de communication / multimédia.

Au vu de ce qui précède, il semblerait raisonnable de diversifier l’offre dans les espaces de la SIP où de nombreux artistes, plasticiens, comédiens, architectes, autres créateurs contemporains et artisans ont leur centre d’activité ouvert sur la ville. Signalons en particulier le déroulement annuel des journées « portes-ouvertes ».

M. BZ, arrivé entre temps, demande pourquoi on ne parle pas du projet BAC +3 et pourquoi ne pas avoir invité les partenaires du projet.

LdP répond: « Nous avons signalé, en ouverture de cette rencontre, la relance du projet BAC +3 comme étant la raison à proprement parler de notre démarche actuelle. Nous nous sommes limités à inviter les responsables du DAC, DIP, CAC et MAMCO, qui se sont excusés pour la plupart ».

BZ résume alors le projet BAC +3 dans son principe, qui consiste à vouloir rassembler sur un même lieu tous les acteurs institutionnels genevois voués à l’art contemporain (C.I.C. / C.G.F. / F.C.A.C. / F.M.A.C. / C.A.C. / MAMCO).

LdP fait la description par tranche du tableau de l’affectation des bâtiments selon les formulations de la CIA (M. John Lateo, chef de la division immobilière) :

1) Bâtiments E/F (sur la rue Gourgas) sur lesquels les intentions sont les plus claires à court terme et qui seront attribués à des entreprises privées (locataires) partenaires de la rénovation.

2) Les bâtiments G/H/J à vocation culturelle/artistique/artisanale??? (la CIA ne souhaitant pas conserver, à terme, ce dernier type d’activité sur le site). Le bâtiment J ainsi que le bâtiment B resteront pour l’instant entre parenthèses en vue d’une éventuelle réserve de surfaces destinées au projet BAC +3.
3) Les bâtiments A et B (anciens bâtiments administratifs) resteront à moyen terme dans leur utilisation actuelle. Leur état est relativement bon et leur rendement acceptable.

LM demande aux participants de s’exprimer sur la relation qu’il y a souvent entre le déménagement d’un site industriel et sa reconversion en lieu de création artistique et/ou artisanale.

Mme SNP constate l’adéquation qui existe entre une reconversion de surfaces industrielles libérées et leur utilisation à des fins de création artistique et artisanale. Cependant, la décision de l’utilisation transitoire ou définitive de ces surfaces n’est pas du ressort du Service des monuments et sites. Il faut savoir que bien d’autres affectations sont possibles.

Quelques personnes du public s’expriment plus généralement sur des questions liées à la place attribuée aux artistes dans nos sociétés.

La dernière partie de la rencontre s’oriente sur les perspectives nouvelles qui nous sont ouvertes par la CIA, sous forme de challenge. Nous sommes finalement considérés depuis peu (séance CIA/GUS du 25 novembre 2003) comme de possibles partenaires pour l’avenir.

CW ajoute qu’il vaudrait la peine de prolonger l’étude historique du DAEL par une étude socio-architecturale, sous l’égide de l’Etat, afin de recenser précisément les besoins et dégager une stratégie différenciée et réversible des espaces dans le temps. La SIP d’aujourd’hui doit pouvoir évoluer dans le temps, dans une structure souple et prévisible avec des loyers différenciés et adaptés aux preneurs d’espaces, tout en réparant et en remettant en état ce qui doit l’être.

Nous sommes attendus d’ici le printemps prochain avec l’amorce d’un projet pour les bâtiments G/H/J qui devra comprendre sa dimension financière.

LM clôt la rencontre.

PDu remercie les présents d’avoir pris la peine de se déplacer un dimanche matin et les invite à visiter nos « atelier portes ouvertes ».

Textes pour une réflexion complémentaire …

« Création dans l’ancien » - (Techniques & Architecture - 418 - Février-Mars 1995)

La confrontation des architectures anciennes et contemporaines reste l’une des situations les plus constantes de la conception architecturale. Pourtant l’envahissement du patrimoine dans la conscience culturelle rend toute intervention suspecte et mise sous contrôle, limitant, voire empêchant que s’effectue le travail de superposition, d’ajout ou de suppression qui est la marque d’un espace vivant où s’entrelacent les écritures du temps. La production architecturale reste l’une des rares pratiques d’essence collective qui permettent d’inscrire de façon permanente l’empreinte des différentes étapes de l’évolution de notre société. Ce processus continu effectue dans nos villes une sédimentation progressive pour laquelle il faut s’astreindre à faire bon usage de l’existant. Et si, au cours d’une période récente, on a assisté à un engouement irrésistible pour les bâtiments conçus comme des objets isolés et témoignant d’une intervention toujours renouvelée, il est nécessaire aujourd’hui d’envisager un processus de développement urbain qui ne s’effectue pas à la suite de destructions massives mais sur la base de transformations progressives.
Donner place à des architectures singulières demeure l’enjeu majeur, pour peu que la force de leur relation à l’urbain les rende parfaitement solidaires des architectures déjà là.
Il ne s’agit pas tant de conserver et de respecter servilement le passé, que de transformer ce qu’il nous a légué, de trouver de nouveaux usages à des anciens bâtiments dans une approche plus concrète qu’historiciste.
« Friches industrielles et urbaines » - (Techniques & Architecture - 432 - Juillet 1997)
L’industrie de production qui, dans les villes mêmes, avait dressé des bâtiments et tracé des urbanismes singuliers, a vu sa mutation technologique se traduire par une migration vers des territoires moins centraux, creusant des friches muettes. Ces géants laissent des coques vides, des sols durs, des symboles défunts. Voici donc des bâtisses, des enclaves, des rives, des ports, des régions entières parfois, tout un foncier à conquérir. Mais pour qui, par qui, avec quelles mémoires et quels projets ?
L’échelle considérable et les enjeux appellent l’intervention des opérateurs publics, la réalisation nécessite le relais des constructeurs privés. Il faut établir des rencontres – la solution est stratégique. Elle concerne le politique. Sur le plan programmatique et financier, il faut du souffle. Il en manque souvent.